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Pourquoi la gauche à Tarbes ‎  a-t-elle perdu les élections municipales 

Par René Magritte - 07 March 2026

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Le premier tour des élections municipales, qui s’est déroulé le 15 mars dernier, n’a malheureusement pas permis à un candidat de Gauche (politique) de s’imposer clairement à Tarbes ‎ lors de cette étape décisive. Toutefois, il convient de préciser que la liste Unitaires ‎ menée par Kévin Gracia  est tout de même parvenue à se qualifier pour le second tour avec environ 13 % des voix, dans un contexte marqué par une abstention particulièrement élevée, proche de 48 %, soit près d’un électeur sur deux.

Plutôt que de revenir ici en détail sur les raisons de cette situation, ce qui dépasserait le cadre de ce texte, je vous invite à consulter mon article précédent intitulé « Lettre ouverte d’un militant à l’ensemble de la gauche tarbaise », où j’analyse plus en profondeur cette séquence politique.

Dans ce contexte, j’ai tenu à offrir aux candidats de gauche une tribune dans cette publication. L’objectif est de leur permettre d’exprimer leur vision et leur analyse de la conjoncture politique locale à Tarbes, un exercice essentiel pour nourrir le débat démocratique. La majorité d’entre eux ont accepté cette opportunité, témoignant ainsi de leur volonté d’échanger avec la population.

En revanche, la liste conduite par Kévin Gracia n’a pas répondu à nos multiples sollicitations, que ce soit auprès de leurs soutiens ou de leur bureau de campagne, ce qui ne nous a malheureusement pas permis d’organiser une interview. Je tiens à préciser que ce silence ne traduit en rien une hostilité à l’égard de notre journal, mais reflète sans doute un manque de disponibilité.

En conséquence, chers lecteurs et lectrices, vous ne disposerez pas ici de leur point de vue, ce que je regrette sincèrement. Cette situation étant indépendante de notre volonté, il me semblait important d’en faire part en toute transparence.

Commençons donc par François Meunier

Candidat de LO (Lutte ouvrière) dans les Hautes-Pyrénées. Militant engagé de longue date, il porte une parole fidèle aux valeurs et positions de LO (Lutte ouvrière) . Son discours se concentre principalement sur la défense des travailleurs, la revendication d’une augmentation des salaires, ainsi que sur une critique ferme des politiques publiques qu’il juge serviles aux intérêts du patronat.

(René Magritte) : Bonjour François, on vient d’avoir les résultats du premier tour. Comment s’est passée votre campagne ?

François Meunier : Bonjour. En fait, pour nous, l’essentiel a vraiment été la campagne elle-même, plus que le résultat. Nous sommes dans une période de recul, où les idées réactionnaires gagnent du terrain. Tout le monde parle de sécurité, au niveau local comme national, et ça influence beaucoup la société. Même sans être au pouvoir, le Rassemblement National influence une grande partie du milieu Politique * , qui lui court après. Cela se voit notamment avec le retournement du front républicain contre la LFI (La France insoumise) .

Donc vous soutenez les camarades de la France Insoumise ?

François Meunier : Oui, bien sûr. On garde nos différences, car nous sommes des révolutionnaires. Nous voulons renverser le Capitalisme * , car parler de végétaliser les écoles ou d’un peu plus de bio à la cantine paraît ridicule quand la guerre mondiale est aux portes. Tous les candidats font les mêmes propositions interchangeables, et de toute façon, les promesses ne sont jamais tenues, notamment car les villes manquent de moyens. Le vrai problème, c’est que les salaires ne permettent pas aux gens de consommer local, et c’est ça qui fait fermer les commerces.

Votre campagne a été la moins chère, est-ce volontaire ?

François Meunier : Oui, on n’a pas beaucoup d’argent. On fait ce qui est utile et nécessaire, sans dépenser plus que nos moyens. Le mouvement Communiste (Idéologie politique) a toujours commencé avec peu de moyens mais beaucoup d’enthousiasme. Nous privilégions le porte-à-porte plutôt que la distribution massive de tracts, qui a peu d’impact.

Pensez-vous que les autres candidats ont peur de vous ?

François Meunier : Non, ils ne nous prennent pas au sérieux, car nous ne sommes pas sur leur terrain. Eux restent dans les idées des « Trente Glorieuses », sans actualiser leurs logiciels. Ils ne savent pas faire autre chose que de s’adapter au Capitalisme * , ce système qu’il faut renverser.

Est-ce que vous voyez une évolution dans la conscience politique des gens ?

François Meunier : Oui, petit à petit. Le but est de préparer les travailleurs à se défendre, car le capitalisme nous mène à la guerre. Il faut un parti révolutionnaire qui porte un projet clair de changement radical. Nous rencontrons des gens qui comprennent ça et qui veulent se battre.

Pour finir, que retenez-vous de cette campagne et que souhaitez-vous pour la prochaine ?

François Meunier : Cette campagne sert à faire entendre nos idées, à rassembler ceux qui veulent un vrai changement. Pour la prochaine fois, il faudra être plus nombreux, plus forts, et continuer à pousser l’idée d’un parti révolutionnaire contre ce système pourri. Le chemin est long, mais nécessaire.

Entretien avec Hervé Charles

Vous venez de vivre le premier tour. Quelle est votre réaction à chaud ?D’abord, deux choses. La participation, qui est assez faible : moins de 52 %, en dessous de la moyenne nationale. On s’attendait à plus pour une municipale, surtout avec un enjeu particulier lié au fait que  Gérard Trémège ne se représentait pas. C’est une déception. Ensuite, il y a notre score : 9,5 %. Là aussi, on est en dessous de ce qu’on espérait.

Est-ce que vous sentez une montée du Rassemblement National ? Est-ce que cela vous inquiète ? Oui, clairement. Il y a une montée évidente du Rassemblement national. Ils semblent avoir récupéré une partie de l’électorat de droite. Le candidat Michel Garnier divise quasiment par deux le score de Gérard Trémège , pendant que le RN passe de 7 % en 2020 à 24 % aujourd’hui. C’est très inquiétant pour la suite.

Concernant le second tour, quelle est votre position ? La difficulté, c’est qu’avec 9,5 %, nous ne pouvons pas nous maintenir. Une fusion avec d’autres listes est possible, mais pour l’instant, la situation reste floue. Il pourrait y avoir jusqu’à cinq listes au second tour, et on ne sait pas encore exactement ce qui va se passer. Notre score est un message clair des électeurs, et nous en prenons acte. Notre objectif principal est simple : il ne faut pas que le RN arrive à la mairie de Tarbes. Nous nous exprimerons dans la semaine, une fois que la situation sera plus claire.

Vous avez évoqué l’idée d’un “message” des électeurs. Avez-vous le sentiment d’avoir été sanctionnés ? Je ne sais pas si on peut parler de sanction. C’est encore difficile d’avoir une analyse fine. Mais c’est vrai que nous étions élus au conseil municipal, et faire 9,5 %, cela montre que ce n’était pas une priorité pour une majorité d’électeurs de nous reconduire. Ceux qui ont voté pour nous souhaitaient évidemment notre maintien, mais ils n’ont pas été assez nombreux.

Comment envisagez-vous la suite ? Il va falloir prendre le temps d’analyser ce qui s’est passé et de réfléchir collectivement à la suite. Une des pistes, c’est de profiter des prochaines années pour reconstruire un projet municipal de gauche à Tarbes.

Vous pourriez en prendre la tête ? C’est beaucoup trop tôt pour le dire. En politique, beaucoup de choses peuvent évoluer en quelques années. Mais oui, il y a une volonté de participer à la reconstruction.

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