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Le Madrigal , un hôtel abandonné devenu un haut lieu de résistance en plein cœur de Lannemezan *
Par René Magritte - 15 February 2026
Image de couverture: https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/6899607f6771c05a7807f7bc/full/image.jpg?v=1
À l’entrée de Lannemezan * , sur un axe de passage fréquenté par les voyageurs et les routiers, se dresse un bâtiment que beaucoup d’habitants connaissent sous le nom de Lou Madrigal . Avant de devenir un symbole Politique * et social, ce lieu était avant tout un hôtel-restaurant classique, ancré dans la vie locale depuis plusieurs décennies. Au fil des années, l’activité a diminué, notamment avec la concurrence des grandes chaînes hôtelières et l’évolution des habitudes de voyage. L’hôtel a finalement fermé et le bâtiment est resté à l’abandon durant plusieurs années.
En 2019, en pleine mobilisation des Gilets jaunes , un collectif local a occupé les lieux, marquant un tournant dans l’histoire du Madrigal. Depuis, ce bâtiment est devenu bien plus qu’un simple lieu occupé : il s’est transformé en un espace de vie, de solidarité et d’organisation collective, porté par des habitants, des militants et des personnes en situation de précarité.
Nous nous y sommes rendus avec Maxime Maysonnade de LLR (La Ligne Rouge) à l’occasion de l’anniversaire de ce lieu symbolique. Nous avons été profondément touchés par l’accueil chaleureux des résidents, par leur hospitalité, leur sincérité et leur volonté de faire vivre ce projet malgré les difficultés. Loin de l’image caricaturale d’un “squat * ” véhiculée par la municipalité de Lannemezan * , Le Madrigal apparaît comme une initiative sociale unique en France, un laboratoire d’entraide et d’autogestion qui répond à des besoins réels laissés sans solution par les institutions.
Cet engagement résonne aussi avec mon histoire personnelle. Mon père était le créateur de l’association Zon’Art 65 à Tarbes , un lieu d’accueil de jour pour les personnes sans domicile fixe. De nombreux projets sociaux, culturels et solidaires y ont été menés, avec l’objectif de redonner une place et une dignité à celles et ceux que la société laisse trop souvent de côté. C’est dans cette continuité que je m’engage aujourd’hui, à travers mon journal, à défendre et à documenter l’expérience du Madrigal.
Nous préparons un article détaillé qui reviendra sur les luttes, les tensions et les difficultés que les habitants du Madrigal rencontrent avec la mairie, ainsi que sur les pressions administratives et Politiques * qui pèsent sur ce lieu. Nous nous engageons à relayer et médiatiser cette réalité, souvent réduite à une simple occupation illégale alors qu’il s’agit d’une expérience sociale et humaine d’une grande richesse.
Nous souhaitons également adresser une invitation claire et ouverte à Bernard Plano , le maire de Lannemezan * , qui mène une liste de Divers gauche. Nous voulons qu’il participe à l’article, qu’il puisse exposer son point de vue et échanger avec nous. Après tout, entre gens de Gauche (politique) , il y a sans doute matière à discussion. Nous sommes vraiment curieux et motivés : plus fort que nous, nous voulons comprendre la position de la mairie, confronter nos idées et ouvrir un dialogue constructif.
Nous préférons le demander désormais clairement, afin d’éviter toute ambiguïté et qu’on nous reproche plus tard de ne pas l’avoir invité. Il ne s’agit pas seulement de relater les difficultés rencontrées par Le Madrigal , mais de créer un véritable débat public, de donner voix à toutes les parties et de réfléchir ensemble à l’avenir de ce lieu et à la place que peuvent occuper ce type d’initiatives sociales dans nos territoires.
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